NAMASTE NAMO NAMAHA

Dernière mise à jour : sept. 8

Méditation vient de "medium", le "milieu". Le corps que l'on a, que l'on hérite, qui nous échoit est un corps sans "milieu", il n'a pas de centre : il est rempli, plein au mauvais sens du terme, saturé. Le corps que l'on devient par la pratique du yoga est un corps que l'on allège, qui se creuse, qui laisse exister de l'espace à l'intérieur de lui, espace du souffle, lieu du cœur. Il se structure, sculpte, laisse place au "vide médian", il se centre. Dans ce corps travaillé, les énergies circulent, convergent, permettent une mise en relation du haut et du bas, de la droite et de la gauche, de l'intérieur et de l'extérieur, d'une identité et d'une altérité, de soi et de l'autre : c'est cela que j'appelle un "corps médiateur". (extrait de l'article Le corps médiateur dans le yoga, d'Ysé Tardan-Masquelier dans Echo du Yoga pg. 65)


Pour comprendre ces liens, prenons l'exemple qu'utilisait B.K.S. Iyengar : "On doit labourer la terre pour la rendre meuble, arracher les mauvaises herbes, arroser et fumer la plante qui pousse, puis la soigner et la nourrir délicatement pour que l'arbre croisse en santé et en force et donne son fruit délicieux. Nous savons que l'essence spirituelle de l'arbre est concentrée dans le jus de son fruit, lequel est le point culminant de la croissance de l'arbre. Nous cueillons le fruit et apprécions sa saveur. La joie donnée par cette saveur peut être ressentie, mais elle est indicible. De même, il faut soigneusement suivre les différentes étapes de l'arbre du yoga si nous voulons faire l'expérience de ses résultats.

Yama cultive les organes d'action pour qu'ils agissent à bon escient; Niyama affine les sens et les organes de perception ;

Asanas (postures) irriguent chacune des cellules du corps humain et la nourrissent par un abondant apport de sang, ; Pranayama (respiration, souffle) fait circuler l'énergie ;

Pratyahara (acquisition de la maîtrise des forces externes) maîtrise le mental et le débarrasse de toutes ses impuretés ;

Dharana (signifie dérivées les unes des autres) lève le voile qui recouvre l'intelligence et aiguise celle-ci pour qu'elle joue avec sensibilité son rôle de pont entre le mental et la conscience intérieure ;

Dhyana (flux ininterrompu de conscience sur un objet particulier) intègre l'intelligence, et dans le samadhi (concentration et établissement dans l'éveil) les fleuves de l'intelligence et de la conscience coulent ensemble et se confondent dans l'océan de l’âme* afin que l'âme* brille dans sa propre splendeur. Ainsi en pratiquant l'arbre du yoga, - yoga vrksa - nous sommes amenés à traverser notre être couche après couche jusqu'à ce que nous arrivions à vivre et à goûter le nectar du fruit du yoga, la contemplation de l'âme*". (Pg. 116 l'Arbre du Yoga)


D'après le Veda, récits dont l'origine serait extra-terrestre et les plus anciens écrits connus sur terre, on parle de 2 -3 voire 7 corps, tels des couches qui se superposent, en sculptant ou en faisant vibrer l'un, on aborde les autres.

"Dire d'une entité qu'elle a un corps, c'est dire simultanément qu'elle est légitimement une et légitimement multiple et que les rapports entre cette unicité et cette multiplicité sont eux-même organiques..

Le corps dans le Veda ne fait donc pas référence d'abord, comme chez nous , à la notion d'individualité, mais à cette structure organique et articulée.

En ce sens, des réalités abstraites ont un "corps". Il y a une "mise en écho". Chacun résonne avec les autres ; ainsi ce qui est réparé, purifié ou créé sur l'aire limitée du terrain sacrificiel répare, purifie ou crée du nouveau pour l'univers ; en ce sens, le sacrifice est bien "le nombril du monde". A travers le concept "corps", s'exprime une seule structure à plans multiples, en interactivité les uns avec les autres.

* en d'autres termes notre code génétique en unicité.


3 vues0 commentaire